Grille de lecture d’un profil de backlinks
Référence pour seo-backlink-audit. Les fourchettes sont des repères observés sur des profils sains, pas des seuils absolus : un profil s’interprète toujours dans son contexte (secteur, âge du site, pays).
1. Typologie des ancres
| Classe | Définition | Exemples | Part attendue (profil naturel) |
|---|---|---|---|
| Marque | Nom du site ou de l’entreprise, avec variantes | « Factura », « factura.fr », « l’équipe Factura » | 30-60 % |
| URL nue | L’URL brute | « https://factura.fr/barometre » | 10-30 % |
| Générique | Sans mot-clé ni marque | « cliquez ici », « ce site », « source », « en savoir plus » | 5-20 % |
| Partielle | Contient une partie du mot-clé, formulation naturelle | « un logiciel pour facturer ses clients » | 10-25 % |
| Exacte | Le mot-clé cible tel quel | « logiciel facturation » | 0-10 % |
| Image / vide | Alt text ou ancre vide | variable, non significatif |
Signaux d’alerte sur les ancres :
- Exactes > 10-15 % hors marque : optimisation artificielle probable (campagne achetée ou ancien netlinking agressif). Croiser avec la date d’apparition et les domaines sources.
- Une même ancre exacte répétée depuis des dizaines de domaines différents : pattern de campagne, jamais naturel.
- Ancres dans une langue différente de celle du site sans raison (marché export réel) : réseau de liens probable.
- Cas particulier : pour un site dont la marque EST le mot-clé (« assurance-auto.fr »), la part d’exactes gonfle mécaniquement ; le noter au lieu de le compter comme signal.
2. Attributs de liens
- Dofollow 60-90 % : zone normale. En dessous de 50 %, le profil repose trop sur des sources faibles (commentaires, forums, profils, réseaux sociaux). À 100 %, absence totale de liens « de vie » (mentions presse en nofollow, annuaires, réseaux) : profil construit artificiellement.
- rel=sponsored présent sur des liens visiblement payés : bon signe de conformité. Des liens manifestement sponsorisés en dofollow (articles « en partenariat avec ») sont un risque à signaler en niveau important.
- Les liens nofollow ne sont pas des déchets : une mention nofollow du Monde ou d’un média sectoriel apporte du trafic, de la notoriété et de la matière aux réponses IA. Les compter dans la lecture de citabilité.
3. Vélocité et historique
- Lire nouveaux/perdus par mois sur 12-24 mois. Trois profils types :
- Croissance régulière corrélée aux publications : sain.
- Pics isolés (50+ nouveaux domaines sur un mois puis retour à zéro) : campagne ponctuelle, achetée ou digital PR ; identifier laquelle en regardant les domaines du pic.
- Perte nette continue : liens qui meurent (sites disparus, refontes) sans acquisition ; le signaler en critique si la tendance dépasse 6 mois.
- Comparer la vélocité aux concurrents : c’est l’écart de rythme qui creuse ou comble l’écart d’autorité, pas le stock.
4. Diversité et concentration
- Ratio backlinks/domaines référents : 3-10 liens par domaine est courant. Au-delà de ~20, chercher les sitewides (footer, blogroll) : un sitewide de 4 000 liens compte comme un seul vote.
- Part des 10 premiers domaines référents dans le total des liens : au-delà de 60 %, le profil est fragile (la perte d’un domaine change tout).
- Diversité des types de sources : presse, blogs métier, annuaires sectoriels, partenaires, forums. Un profil mono-source (que des annuaires, ou que des échanges entre blogs) est un pattern détectable.
5. Signaux de toxicité, par gravité
Signaux forts (à documenter avec URL et capture de contexte) :
- Réseau de sites : mêmes templates, mêmes blocs de liens sortants, contenus générés, cross-linking visible entre les domaines référents.
- Pages piratées : liens insérés dans des pages sans rapport (pharma, casino, contrefaçon) sur des sites légitimes.
- Ancres exactes massives depuis des domaines sans trafic ni ligne éditoriale.
- Annuaires et « splogs » créés uniquement pour vendre des liens (des dizaines de milliers de liens sortants, zéro trafic).
Signaux faibles (à lister sans dramatiser, aucun désaveu sur cette seule base) :
- Spam score élevé d’un outil : c’est un indicateur statistique, pas une preuve. Toujours visiter le site avant de classer.
- Scrapers et agrégateurs qui recopient des contenus avec les liens : bruit normal du web, Google sait les ignorer.
- Vieux annuaires généralistes d’époque : inutiles, pas dangereux.
6. Doctrine du désaveu (à appliquer telle quelle)
- Par défaut : ne rien désavouer. Google déclasse ou ignore la grande majorité des liens de mauvaise qualité sans intervention.
- Le désaveu ne s’envisage que dans deux cas : action manuelle notifiée dans GSC (« liens non naturels vers votre site »), ou pattern manipulateur massif, récent et documenté (typiquement un historique d’achat de liens à grande échelle ou une attaque de negative SEO d’ampleur inhabituelle).
- Même dans ces cas : liste des domaines candidats avec preuves, validation humaine domaine par domaine, puis seulement génération du fichier. Jamais l’inverse.
- Rappeler le coût d’erreur : un désaveu trop large supprime l’effet de liens qui comptaient, et l’effet est long à annuler.